EMMANUEL
MAUREL
CANDIDAT À LA PRIMAIRE
PASSIONNÉMENT RÉPUBLICAIN,
RÉSOLUMENT SOCIALISTE
emmanuel maurel
le programme
LA GAUCHE AU RENDEZ-VOUS DU SURSAUT FRANÇAIS
Passionnément républicain, résolument socialiste, je porte une voix singulière pour la France et pour l’Europe. Je suis convaincu que la victoire de l’extrême-droite n’a rien d’inéluctable ; et qu’une gauche authentique, crédible et qui tire les leçons des erreurs du passé, peut convaincre une majorité de Français.
Je m’engage dans cette élection parce que je crois en la force de notre idéal commun : celui de la République laïque, démocratique et sociale. L’aspiration à l’égalité n’a pas disparu. Le besoin de fraternité est plus impérieux que jamais.
Le changement climatique et l’extinction de la biodiversité sont les plus grands périls de notre siècle. Ils sont indissociables de la société du tout-marché et de la pulsion consumériste où tout s’achète, tout se vend et tout se jette. Pour que notre monde soit habitable, il faut emprunter un autre chemin : celui de la coopération, du partage et de la solidarité.
Face à la montée du racisme et de l’antisémitisme, des obscurantismes et des complotismes, j’oppose l’émancipation des citoyens par la laïcité, l’éducation, la science et la raison.
Je suis candidat pour proposer un nouveau modèle de développement, fondé sur trois ruptures : la démondialisation, la démarchandisation et la démocratisation.
Je suis candidat pour enrayer le déclin de la France en finançant les investissements nécessaires à la reconquête de notre souveraineté industrielle, agricole, technologique. Je propose de lancer dès 2027 un grand emprunt national pour y contribuer.
Je suis candidat pour défendre le monde du travail. Les salariés de ce pays, les ouvriers, les employés, les fonctionnaires ont été brutalisés pendant dix ans. Il faut augmenter les salaires, les indexer sur l’inflation et donner plus de droits aux travailleurs.
Je suis candidat pour refonder l’Etat républicain et défendre l’indépendance de la France et de l’Europe dans le monde. Je suis candidat pour que la Gauche soit au rendez-vous du sursaut français.


01. REDRESSER LA FRANCE :
PRODUIRE MIEUX
Le problème n’est pas que la France dépense trop, mais qu’elle ne produit plus assez. Dans les années 2000, nos usines construisaient 3 millions de véhicules ; 20 ans plus tard nous sommes tombés à la moitié. Nous étions une grande puissance pharmaceutique ; 20 ans plus tard nous ne produisons même plus de paracétamol. Nous étions une grande puissance agricole ; 20 ans plus tard nous devons importer des légumes, des fruits, de la viande (et surtout de la volaille).
Je plaide pour une bonne croissance, d’au moins 2% par an, fondée sur la couverture de nos besoins et la préparation de l’avenir.
Je propose un grand emprunt pour un plan d’investissement de 300 milliards d’euros :

L’électrification et la décarbonation
La baisse des émissions de CO2 et la transition écologique ne se feront ni dans la régression du niveau de vie, ni dans la punition des classes populaires. Elle exigera de l’électricité décarbonée en abondance, via de nouvelles capacités nucléaires, hydroélectriques et renouvelables.
En parallèle, la France reprendra le contrôle sur les prix de l’électricité, en sortant du marché européen qui crée une concurrence artificielle et ne permet pas une tarification proche du prix coûtant. La TVA sur les abonnements et la consommation d’électricité sera réduite à 5,5%.

La revitalisation industrielle des territoires
Grâce à l’intervention directe de l’Etat par des prises de participation, l’activation de la commande publique et la création d’unités de production, nous soutiendrons nos filières (machines-outils, santé, agroalimentaire, électronique, matériaux biosourcés…) au cœur de nos villes moyennes et de nos bassins ruraux désindustrialisés. Nous soutiendrons également l’économie circulaire, de réparation, reconditionnement, réemploi et recyclage, y compris par des incitations fiscales (TVA réduite à 5,5%).

La revitalisation L’investissement dans le savoir : universités, recherche fondamentale, formation professionnelle, apprentissage des territoires
Aucune reconquête industrielle n’est possible sans une élévation générale du niveau des compétences et des savoirs. Nous ne pouvons pas rester les bras croisés face à notre déclin éducatif. L’effort doit être massif pour consolider nos filières universitaires, notamment de techniciens et d’ingénieurs, soutenir nos lycées professionnels, nos centres de formation des apprentis, et rattraper nos retards de financement de la recherche (en se fixant pour objectif 1% du PIB dédié à la recherche publique). La dépense publique par élève est trop basse par rapport à la moyenne européenne. La France doit offrir à la jeunesse des perspectives de carrières stables et bien rémunérées.
Pourquoi un grand emprunt ?
Parce que je souhaite que les Français participent directement et volontairement au redressement de la France.
Je pense en particulier aux seniors, qui préparent la « grande transmission » (9000 milliards d’euros seront transmis en héritages d’ici 2040). La souscription de ce grand emprunt sera un pacte entre les générations. Ce sera de la bonne dette, consacrée aux investissements d’avenir, qui rapportera plus qu’elle ne coûtera. Et ce sera une dette relocalisée, car actuellement 55% de la dette française est détenue à l’étranger, ce qui nuit à notre indépendance.
Pour mettre en œuvre ce plan, un Ministère de l’Industrie indépendant de Bercy sera doté de prérogatives étendues pour concevoir les projets de filières et soutenir les PME-PMI, identifier les friches industrielles à revitaliser ; mais aussi pour mener des actions défensives, via la sauvegarde des sites menacés et la sanctuarisation des fleurons technologiques. Il ne s’interdira pas de procéder à des nationalisations de secteurs stratégiques si nécessaire. Il supervisera la constitution d’un fonds souverain pour prendre des participations au capital. Il dotera la France d’une stratégie nationale d’intelligence économique. Le Ministère de l’Industrie négociera des accords nationaux et décentralisés pour le Made in France, orientera les 170 milliards annuels de commande publique, imposera des clauses de « contenu local » afin de relocaliser la valeur ajoutée et soutenir les territoires.



02. Maitriser l’intelligence artificielle
Que peut faire un responsable politique confronté à une innovation technologique qui est en même temps une révolution anthropologique ?
Nous sommes tous étourdis, sonnés par la progression fulgurante des modèles d’IA, les investissements astronomiques, les promesses d’hypercroissance et d’abondance, les prédictions apocalyptiques, au mieux de disparition des emplois, au pire d’extinction de l’humanité.
Les Français, paraît-il, sont les plus gros utilisateurs des ChatGpt, Gemini – et Mistral ! – en Europe. Mais ils sont aussi perplexes, et légitimement inquiets, par l’irruption exponentielle de l’IA dans leur vie.
Faut-il d’ores et déjà anticiper une idiocratie d’oisifs gouvernés par la « super intelligence »? Je pense que l’IA nous enjoint, plus que jamais, de faire ce qui définit notre humanité : réfléchir, discuter et débattre, bref, la démocratie.
Je suggère de réunir une convention citoyenne, qui posera toutes les questions. Est-on obligé de faire la course à l’IA ? L’IA est-elle si indispensable qu’on le prétend à notre vie quotidienne, à notre progrès économique, social, moral ? Dans quels domaines serait-il bénéfique de la déployer (par exemple la santé) ? Par rapport aux gains réels ou ressentis, quels sont les coûts cachés (eau, électricité, insécurité du stockage des données) ? Faut-il légiférer pour protéger le travail, par exemple en créant une liste d’emplois interdits à l’IA (comme l’a proposé Bill Gates) ?
J’ai en revanche une conviction : louer aux géants américains des modèles dont nous ne possédons ni les données, ni le code, ni les serveurs, c’est nous soumettre à eux technologiquement et économiquement.
J’ai la conviction que l’IA doit être un bien commun. Cela suppose :
un vaste effort de financement de la recherche publique, et pas seulement de quelques start-ups vouées au rachat par des fonds américains ; des modèles d’IA ouverts, s’entraînant sur des données accessibles ; des capacités de calcul souveraines, alimentées par notre électricité décarbonée ; des modèles moins énergivores et dommageables à l’environnement.
La France devra impulser un rapport de force résolu contre les géants de l’IA afin d’aboutir à un traité international qui organisera l’encadrement de cette technologie et du pouvoir de ses acteurs.

03. DÉFENDRE LE MONDE
DU TRAVAIL : PARTAGER PLUS
Le macronisme a essentiellement consisté à soutenir le capital et dévaloriser le travail. Cette « politique de l’offre » a échoué. Elle n’a pas relancé l’économie. Elle a creusé les déficits et la dette. Mais rien n’y fait : les macronistes et la droite persistent dans l’erreur, et ne cherchent qu’à réduire toujours davantage les acquis des travailleurs.
La Gauche doit résister à ces régressions. Après avoir obtenu la suspension de la réforme des retraites, elle doit à présent consolider le droit à la retraite à 62 ans, avec un rétablissement des critères de pénibilité.
Elle doit défendre la Sécurité sociale contre tous ceux qui veulent la livrer aux puissances d’argent. Elle doit redonner tout son sens au travail en augmentant les salaires, en luttant contre le chômage, en protégeant les salariés contre l’ubérisation et en leur donnant la citoyenneté dans l’entreprise.

Augmenter les salaires !
Il y a dans ce pays un « ruissellement à l’envers ». Le patrimoine des ultrariches explose, tandis que le niveau de vie de la majorité des Français des classes populaires et moyennes s’érode. Et cette érosion s’est aggravée depuis le Covid.
De 2021 à 2023, le salaire réel moyen a baissé en euros constants, à cause de la très forte inflation, particulièrement sur les dépenses contraintes (logement, énergie, alimentation). Cela a particulièrement affecté les salariés juste au-dessus du SMIC et la classe moyenne (professions intermédiaires, cadres).
Dans la fonction publique, la chute du niveau de vie est encore plus prononcée à cause du gel du point d’indice et de la précarisation des carrières (1/4 des agents sont des contractuels, le plus souvent en CDD, en hausse de 37% depuis 15 ans).
Je ne propose pas de « rapprocher le net du brut », parce que le salaire net, c’est pour le mois, et le salaire brut, c’est pour la vie ! Toute baisse des cotisations sociales vide les caisses de la Sécurité sociale. Quand la droite propose cette fausse solution, elle ne dit jamais que le net supplémentaire sera absorbé par des cotisations à des assurances privées.
Pour revaloriser le travail, il faut augmenter les salaires. A cette fin, je propose :
• le SMIC porté à 1700 euros net dès la prochaine législature
• la revalorisation du point d’indice de la fonction publique d’au moins 10% sur le quinquennat
• l’indexation des salaires sur l’inflation
• de conditionner les aides aux entreprises à des négociations collectives devant aboutir à des revalorisations des rémunérations
• pour l’égalité salariale femmes/hommes : transparence, conditionnement des aides publiques, revalorisation des métiers les plus féminisés
• l’interdiction des accords de branche prévoyant des minima en-dessous du SMIC, pour améliorer la progressivité des bas salaires
• un mécanisme de « dividende salarié », sous forme d’intéressement et de participation, lorsque l’entreprise distribue plus de 50% du résultat net sous forme de dividendes aux actionnaires et/ou de rachats d’actions.
Il est nécessaire, aussi, que le capital contribue davantage.
Les inégalités de patrimoine s’accroissent de façon exponentielle, en partie à cause d’une fiscalité qui privilégie les revenus du capital – et qui assèche les finances publiques. Je propose de rétablir l’ISF, d’augmenter le prélèvement forfaitaire unique (PFU, ou « flat tax ») à 40% et de créer une taxe sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros.
D’autre part, le capital échappe à l’impôt à cause de la fraude et de l’évasion fiscales. Des dizaines de milliards sont ainsi soustraits à nos finances publiques chaque année. La Cour des comptes le dit : la meilleure arme de lutte contre la fraude c’est l’embauche de contrôleurs et d’inspecteurs fiscaux ! Il n’est pas question de stopper les investigations numériques et le recours à l’IA contre la fraude, mais force est de constater que cela ne suffit pas. Les moyens humains de l’administration, sur ce point comme sur bien d’autres, demeurent décisifs.
Il faut mettre de l’ordre dans les 465 niches fiscales, qui représentent une dépense annuelle de… 90 milliards d’euros. Il est temps de réformer le crédit impôt recherche (8 milliards d’euros, trop souvent détourné pour embaucher d’autres employés que des chercheurs), le crédit d’impôt pour l’emploi des salariés à domicile (très utile, mais dont l’avantage fiscal est trop concentré sur les plus riches), le Pacte Dutreil (qui défiscalise la transmission d’entreprises, qui profite surtout aux plus grosses entreprises et qui coûte près de 6 milliards par an), etc. A chaque débat budgétaire, on nous dit qu’il faut faire des économies, mais sur ces niches, les macronistes, la droite et l’extrême-droite se coalisent toujours pour ne jamais y toucher.
Enfin, les professionnels du capital, c’est-à-dire les banques, doivent elles aussi accroître leurs efforts :
• à destination des entreprises, pour investir, innover, financer les besoins de trésorerie
• à destination des ménages : les frais bancaires sont trop élevés, les agios et les frais d’incidents bancaires frappent sans pitié les plus vulnérables. C’est inadmissible. Les banques françaises sont solides et font de très confortables bénéfices. Leurs clients les plus pauvres n’ont pas à cotiser aux dividendes des actionnaires de BNP ou Société générale.
lutter contre le chômage !
Alors que le chômage remonte en flèche dans notre pays, frappant particulièrement la jeunesse (le taux de chômage des 15-24 ans est passé de 16,5% fin 2021 à 21,7% au 1er semestre 2026), la seule mesure que préconisent la droite et le patronat, c’est de réduire à nouveau les droits des chômeurs !
Je refuse ce discours de répression et de culpabilisation des chômeurs. Faut-il rappeler que 60% des inscrits à France Travail ne touchent pas d’indemnité, que le montant moyen de cette indemnité (rendue dégressive et réduite à 18 mois maximum pour les moins de 55 ans) dépasse à peine 1000 euros, et que plus de 2 millions d’inscrits le sont depuis plus d’un an ?
Je pense en particulier aux chômeurs de 15 à 29 ans qui ne sont ni en emploi ni en formation, 1,5 million de jeunes français qui n’ont que peu d’espoir de trouver du travail.
La Nation doit se mobiliser pour leur remettre le pied à l’étrier. C’est un devoir moral mais aussi une obligation économique. Si nous les laissons tomber, nous ne nous en sortirons pas collectivement.
Je propose un plan de formation et d’embauche massif des jeunes chômeurs dans les métiers liés à la transition écologique. L’Etat proposera à 250.000 d’entre eux ce contrat : en échange d’une formation en alternance de 3 ans, payée au SMIC (prise en charge par l’Etat de 80%), dans les métiers en tension de la rénovation des bâtiments, des transports collectifs, de la maintenance, du reconditionnement et de la réparation, et des métiers de l’agriculture et de la forêt.


Protéger les travailleurs par le salariat
On nous dit que le salariat est un modèle dépassé à l’heure d’internet et du nouvel entrepreneuriat. Mais ce qui prolifère surtout, c’est le modèle de la micro-entreprise imposée, particulièrement sur les plateformes de services (VTC, livraisons à domicile, services aux personnes, etc), qui signe en réalité le retour du travail à la tâche du 19ème siècle ! Et cette régression s’étend à bien d’autres professions, dans la comptabilité, l’informatique, le marketing, etc… Entre 2008 et 2022, le nombre de non-salariés a ainsi bondi de 72%, soit 1,5 million de personnes en plus.
La Gauche doit rappeler que ce qui détermine le statut, salarié ou non-salarié, c’est la subordination juridique, c’est-à-dire la dépendance économique du travailleur et son inclusion dans un cadre de travail organisé. Il est donc impératif de restaurer la plénitude de la protection du salariat chaque fois que le travail s’inscrit dans ce « cadre organisé » et cette « dépendance économique ».
Je propose que les protections des salariés puissent être étendues sur trois points :
• La non reconnaissance du licenciement pour motif économique sur le seul fondement de la baisse du chiffre d’affaires
• La suppression du plafonnement des indemnités de licenciement aux prud’hommes, inscrit dans les ordonnances Macron-Pénicaud
• Un vrai bonus/malus de cotisations chômage des entreprises en fonction de leur taux de recours aux contrats précaires
Des travailleurs acteurs de leur vie professionnelle
Je suis favorable au développement de la négociation sociale en entreprise, au plus près des réalités du travail, mais à condition que ces accords d’entreprise respectent la logique élémentaire de la hiérarchie des normes et du « principe de faveur » (selon lequel l’entreprise ne peut pas négocier par exemple des primes ou des indemnités de licenciement plus basses que celles de la branche). Il faut donc revenir sur la « loi travail » et sur les « ordonnances Macron », qui ont généralisé ces possibilités de dérogations et de nivellements par le bas. Et il faut de toute urgence restaurer les comités d’hygiène et de sécurité !
Il faut faire confiance aux salariés pour délibérer sur leurs conditions de travail. C’est un impératif à la fois moral, social et économique, car il n’y a pas de prospérité dans un cadre de travail dégradé, où règnent le stress, l’insécurité corporelle et la pénibilité. Les salariés ont l’expérience et donc l’expertise de leur poste de travail, de son ergonomie et de l’adaptation à tous de ses normes de confort, particulièrement celles des travailleurs en situation de handicap.
Je souhaite une révolution sur la participation des représentants des salariés aux organes de direction des entreprises, parce que nous sommes à la traîne des autres pays européens. Je propose de généraliser la présence des administrateurs salariés dans les conseils d’administration et de surveillance de toutes les entreprises de plus de 50 salariés, à hauteur d’au moins 30%.
Je défends l’idée de la citoyenneté économique, partageant le pouvoir et les richesses là où elles sont produites. Le modèle coopératif, mis en œuvre dans les SCOP et dans les SCIC, en est l’illustration : la délibération collective y tranche les décisions majeures et l’entreprise, détenue par ceux qui y travaillent, n’est ni délocalisable ni revendable au plus offrant. Le modèle coopératif est donc aussi une réponse à notre décrochage productif. Je propose de développer ce modèle en favorisant la transmission d’entreprises aux salariés, en créant un fonds public de développement coopératif et une commande publique orientée vers les entreprises à gouvernance démocratique.


Des agents publics considérés et respectés
Le service public ne peut durablement reposer sur le dévouement de femmes et d’hommes dont les responsabilités augmentent quand leurs perspectives salariales se réduisent. Et faire d’eux la variable d’ajustement systématique des régulations budgétaires produit l’effet inverse du but recherché : le service se dégrade et on ne fait pas d’économies.
Il faut rendre les carrières plus attractives, en limitant le recours à la contractualisation, en améliorant les rémunérations, l’image des métiers, la reconnaissance au travail, les conditions d’exercice et les évolutions professionnelles.
J’estime que le recours permanent – et financièrement ruineux – à des cabinets de conseil privés est une dérive à laquelle il faut mettre fin. Importer dans l’administration des méthodes de management du privé, avec des « objectifs de performance » sans grand rapport avec les missions du service public, ça ne marche pas. Externaliser, sous-traiter, fragmenter ces missions ne fonctionne pas davantage. Le « new public management » venu d’Outre-Atlantique, ça suffit.

04. POUR UN NOUVEAU MODÈLE DE DÉVELOPPEMENT :
démondialiser,
démarchandiser,
démocratiser
La mondialisation libérale telle que nous l’avons connue depuis la chute du Mur de Berlin a atteint ses limites économiques et surtout planétaires. Elle est devenue une entrave à notre propre développement.
Contre la société où tout s’achète, tout se vend et tout se jette : démarchandiser !
L’extension illimitée du domaine du capitalisme et la marchandisation de tout sont incompatibles avec notre humanité, car elles nous aliènent, et avec la nature, car elles l’épuisent.
a) Mettre fin à la privatisation rampante des services publics
La puissance publique doit reprendre le contrôle sur l’électricité, avec une gouvernance intégrée sur toute la chaîne (production, transport et distribution) et des tarifs abordables, ajustés au prix de revient du mix nucléaire-hydroélectricité-renouvelables.
La concurrence dans le ferroviaire n’apporte rien de tangible aux voyageurs et empêche la péréquation (où les lignes rentables financent les petites lignes déficitaires et les trains du quotidien). Nous devons collectivement réfléchir au retour du modèle de service public qui prévalait avant les directives européennes de mise en concurrence.
Quant à nos autoroutes, elles sont certes entretenues, mais à des prix qui dépassent largement le coût de cet entretien. Lorsque les concessions accordées il y a 20 ans par de Villepin seront échues, l’Etat devra reprendre à sa charge l’infrastructure autoroutière et transférer une partie des profits vers les transports collectifs.
Enfin je plaide pour un service public de l’eau dans toutes nos villes et toutes nos collectivités. Les exemples abondent, qui montrent que la gestion de l’eau en régie publique ne présente que des avantages.
b) Sauver l’hôpital public
Il était la figure de proue du service public à la française, mais aujourd’hui notre hôpital public est en crise. Le Ségur de la Santé n’a offert qu’un rattrapage des rémunérations, les urgences sont saturées, les personnels sont à bout et le sous-financement est chronique. Il faut tout changer.
La première urgence est de supprimer la tarification à l’activité (T2A) et d’asseoir le financement sur les besoins de santé, les missions réellement assurées, les effectifs nécessaires et la qualité et la continuité des soins.
Je propose de fixer à 4% minimum l’augmentation annuelle des dotations de la Sécurité sociale à l’hôpital. C’est le seuil qui permet de prendre correctement en charge l’évolution des besoins.
Ensuite, il faut permettre aux hôpitaux d’investir : l’Etat doit reprendre la partie de la dette hospitalière qui résulte directement du non financement des engagements (Ségur) et des surcoûts énergétiques.
Bien soigner suppose enfin d’arrêter de faire perdre leur temps aux soignants ! Le temps qu’ils passent loin des patients, à faire des rapports et assister à des réunions, est beaucoup trop long.
c) Démarchandiser le secteur médico-social pour protéger les plus vulnérables
Tout opérateur de marché est soumis à la pression de la maximisation du profit. Cela peut conduire à une concurrence saine, par l’émulation et l’innovation, et cela peut conduire à des scandales, causés précisément par la compression des coûts.
Il faut tirer les leçons des scandales des crèches et des Ehpad privés. Ces établissements ont rationné les effectifs, les moyens, la qualité des repas, des matériels de soins, etc. L’argent public de l’Assurance-maladie et des départements devra être réorienté vers des structures publiques ou associatives à but non lucratif, dont le cahier des charges sera renforcé, en particulier sur les taux d’encadrement.
d) Lutter contre l’hyperconsommation
Combien de litres d’eau faut-il pour fabriquer un t-shirt ou une jupe qu’on portera en moyenne deux fois dans sa vie ? Combien de gigawatts d’électricité au gaz et au charbon faut-il pour que tournent les usines qui approvisionnent AliBaba ? Le règne de l’hyperconsommation est advenu aussi sûrement que l’addiction générée par les algorithmes. Et la soumission à sa dictature équivaut à tirer un trait sur la transition écologique.
Je propose une lutte sans merci contre la fast fashion, ou « mode ultra-éphémère ». Les marques renouvelant excessivement leurs collections (Shein peut proposer 7000 nouveaux modèles… par jour !) devraient être interdites. Mais dans l’immédiat, les pénalités prévues par la loi de juillet 2026 vont dans le bon sens, notamment avec l’interdiction de la publicité pour la fast-fashion. Reste que les malus devraient être plus importants et croître plus rapidement.
Je souhaite aussi que nous luttions contre l’obsolescence programmée. Face à la baisse de la durée de vie des appareils (électroménagers notamment), il faudra inverser la tendance en obligeant les fabricants à augmenter la durée de garantie de leurs produits. Comme le demandent les associations de consommateurs, je propose d’étendre de 2 à 5 ans la garantie pour les gros équipements. En parallèle, il sera nécessaire de mailler tous les territoires avec des ateliers de reconditionnement, recyclage et réparation. L’économie circulaire fait partie intégrante de la transition écologique.
Enfin l’instauration d’une prime « économie durable » de 300 euros encouragera la consommation écologique et locale. Avec cet argent, les Français pourront acheter des produits fabriqués localement, reconditionnés, de seconde main, des aliments en circuits courts, etc. Cela me paraît un bon moyen de soutenir à la fois le pouvoir d’achat et de modifier les comportements d’achats.
Notre but commun doit être qu’à terme, seuls les appareils démontables, réparables et recyclables seront acceptés sur notre territoire.
Sauver nos enfants de l’addiction aux écrans
Les enfants de 2 ans passent déjà près d’une heure par jour devant un écran et dépassent les 2 heures dès l’âge de 5 ans : je propose de tout faire pour sauver leur cerveau en se fixant pour objectif la « règle 5-10-15 », popularisée par une grande campagne de prévention :
a. aucun écran avant 5 ans, car il n’y a aucun impact positif et pléthore d’impacts négatifs, jusqu’à l’addiction – crèches et maternelles seront décrétées « zones sans écrans »
b. introduction progressive entre 5 et 10 ans, accompagnée par un parent, jusqu’à 1h maximum par jour ;
c. pas de smartphone avant 15 ans, autrement dit pas d’accès seul à internet, tant qu’on n’a pas la maturité suffisante pour encaisser la violence des contenus.
La puissance publique devra demander des comptes aux plateformes, se battre contre le caractère addictif des algorithmes des réseaux sociaux, les réguler voire les interdire. Meta (Facebook, Instagram) a été condamné en août dernier pour avoir délibérément conçu ses applications afin de rendre les adolescents dépendants. Cet exemple retentissant prouve qu’il est possible de légiférer.
Enfin, je demande l’interdiction des lunettes caméra connectées, pour protéger la vie privée et notamment celle des femmes !
e) Démarchandiser les terres
Je propose de stopper la financiarisation et l’extension des méga-exploitations agricoles : 73% de la surface agricole utilisée (SAU) est en grandes exploitations (plus de 100 hectares). Le nombre d’exploitations a chuté de 20% en 10 ans et leur taille moyenne a triplé en 40 ans. Il y a un mécanisme de régulation de la concentration foncière agricole, le « seuil d’agrandissement significatif », mais il est trop extensible. Je propose de fixer le seuil maximal d’extension à 1,5 fois la surface utile régionale moyenne.
f) Démarchandiser la pierre, relancer le logement
La première cause de la baisse du niveau de vie et du sentiment de déclassement, c’est l’inflation disproportionnée du coût du logement dans le budget des ménages. Et la situation ne fait que s’aggraver, avec la chute de la construction de logements.
Je propose de généraliser l’encadrement des loyers et des prix du foncier : en moins de 40 ans, la part du revenu consacrée au loyer est passé de 15-20% à plus de 25%, et même plus de 30% voire 35% dans les grandes villes. Il faut donc généraliser l’encadrement des loyers pour limiter cette flambée des prix. En parallèle, l’encadrement du foncier bloquera la spéculation sur le prix des terrains constructibles (les prix du foncier à bâtir ont augmenté de 300% en 30 ans, et représentent à présent jusqu’à 40% du coût de construction des logements). La lutte contre la rente foncière est un enjeu majeur de la cohésion sociale.
Mais les besoins de nouveaux logements sont considérables. Cela nécessitera une planification territorialisée via une loi de programmation pluriannuelle, concertée avec les collectivités et les acteurs du logement, qui fera le point sur les besoins et qui placera en priorité la construction et la rénovation de logements correctement isolés et rendus plus adaptés aux besoins actuels des foyers.
Un effort majeur en faveur du logement social s’impose avec un objectif de 750.000 logements sociaux en 5 ans et suppose la suppression du prélèvement opéré sur les bailleurs HLM et la généralisation de la TVA à 5,5%. Cette politique comportera à la fois le logement locatif et l’accession sociale à la propriété, car la part de cette dernière a reculé ces dernières années, contribuant au sentiment de déclassement des couches populaires.








05. Pour la République écologique
La répétition des épisodes de canicule et la multiplication des méga-feux sont l’illustration concrète de la catastrophe écologique qui vient. La solution se trouve évidemment au niveau mondial, mais notre pays ne doit pas rester l’arme au pied.
Protéger le vivant !
La défense de la biodiversité en France passe d’abord par la restauration et la protection des zones naturelles et de la forêt. J’appelle à renforcer l’Office National des Forêts (ONF), afin qu’il redevienne le garant d’une gestion durable face aux appétits financiers. Il faut limiter au maximum les coupes rases (sauf en cas de nécessité phytosanitaire) pour promouvoir une sylviculture capable de résister au dérèglement climatique.
Le botaniste Francis Hallé a proposé de reconstituer une forêt primaire en Europe de l’Ouest. Je suis favorable à cette idée. On pourrait ainsi décider de laisser une partie du territoire national en libre évolution, sans intervention humaine, sous statut de « protection forte ».
De même, je préconise une action de souveraineté écologique sur notre espace maritime, le deuxième du monde, en créant des zones de protection intégrale libres de toute pêche industrielle ou extraction, sur 30% de nos eaux territoriales. Cette pause biologique restaurera la vie marine, garantira la pérennité de nos ressources, tout en menant une lutte implacable contre la pollution plastique dès sa source terrestre. Les territoires ultra-marins en seront le fer de lance, en nouant des partenariats géographiques étendus de protection du vivant avec les pays voisins.


Pour un droit à l’air pur et à l’eau pure
Particules fines, microplastiques, pesticides, PFAS, néonicotinoïdes, métaux lourds… Cela affecte notre santé (maladies respiratoires, cancers) et provoque, selon Santé Publique France, 40.000 décès prématurés chaque année, soit une perte d’espérance de vie de près de 8 mois. Quant à la pollution de l’air intérieur, elle causerait environ 20.000 décès prématurés. Et cela génère des coûts énormes pour la collectivité, estimés à près de 20 milliards par an.
Une partie considérable des progrès sanitaires du siècle dernier sont dus à l’accès à l’eau potable et à l’assainissement des eaux usées. Il faut poursuivre et mettre à jour ce combat pour l’eau pure, en utilisant l’outil de la régie publique pour le traitement et la distribution de l’eau, par les normes sanitaires, mais aussi par la sanction sévère des pollueurs.
Il en va de même pour l’air que nous respirons. En particulier, assainir l’air intérieur devrait devenir une priorité politique pour les établissements accueillant du public : hôpitaux, lieux d’enseignement, administrations. Il faudra y déployer des capteurs de mesure, garantir la ventilation, filtrer les particules, notamment via des financements alloués aux collectivités territoriales.
S’adapter au changement climatique
La canicule a provoqué un immense électrochoc auprès des Français. Le changement climatique était su et connu ; depuis cet été il est éprouvé et vécu. Nous sommes tous obligés, dorénavant, de nous y adapter. Face aux chaleurs étouffantes qui tuent par milliers, il faut savoir faire preuve de pragmatisme. Notre esprit de contradiction et notre goût du débat sont féconds mais ne devraient pas nous priver de sens pratique : oui, il faut développer la climatisation dans les immeubles, les bureaux, les édifices publics, les hôpitaux. Mais on peut faire mieux. Rappelons qu’en France, la clim utilise une électricité à 95% décarbonée.
Mais à côté de la clim, il y a d’autres technologies, bien meilleures d’un point de vue environnemental, comme la géothermie à « planchers froids » et les réseaux de froid urbain. Ces solutions, beaucoup moins énergivores, rafraîchissent des quartiers entiers en puisant et en transportant la fraîcheur du sol et des fleuves. Les réseaux de froid existent dans plusieurs villes françaises ; je crois possible de les généraliser à de nombreux autres territoires, mais à condition de prévoir les financements, car le coût des infrastructures est lourd.


06. Démocratiser les pouvoirs, les savoirs et la culture
Il faut donner la parole aux Français !

Contre le Président « leader suprême » : donner la parole aux Français
Nos institutions sont à bout de souffle. En France, on pourrait résumer la vie politique à un sondage présidentiel en continu et réduire le débat démocratique à un long commentaire sur le profil du futur leader suprême. C’est le règne du crétinisme présidentiel.
Mais l’on oublie que la Constitution de 1958 ne fait pas du Président un monarque absolu. Son article 5 dispose que « le Président de la République veille au respect de la Constitution. Il assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l’État. Il est le garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire et du respect des traités ». Ni plus, ni moins.
L’élection du Président au suffrage universel n’implique pas nécessairement de concentrer autant de pouvoirs entre ses mains. Dans bien d’autres pays démocratiques où le chef de l’Etat est aussi élu par le peuple, ses prérogatives ne sont pas aussi étendues.
C’est le Gouvernement, et pas le Président, qui détermine et conduit la politique de la Nation. Pour assurer un bon équilibre démocratique, il faut impérativement limiter, voire supprimer le droit de dissolution du Président, et réduire considérablement son pouvoir de nomination.
Et il faut surtout donner la parole aux Français ! Je plaide pour un recours accru à la démocratie directe, en instaurant une journée annuelle référendaire, au cours de laquelle plusieurs questions, dont une partie d’initiative citoyenne, seront posées aux Français.
Une autre pratique du pouvoir implique enfin d’écouter les corps intermédiaires. Notre démocratie s’est affaiblie avec le mépris des associations, des partenaires sociaux (syndicats de salariés comme patronaux). Elle se renforcerait en les associant davantage aux décisions publiques.
Les collectivités en première ligne pour le sursaut français
On a coutume de dire que la France s’est construite autour de son Etat. C’est vrai, mais n’oublions jamais que la France s’est construite aussi autour de ses communes, de ses départements et de ses régions. Et aujourd’hui, dans le marasme budgétaire qui empêche l’Etat d’investir, ce sont nos collectivités qui prennent le relais : elles assurent à elles seules 70% de l’investissement public dans notre pays.
Les collectivités territoriales fournissent les services publics indispensables de la vie quotidienne (transport, culture, équipement sportifs…). Or la baisse des dotations a durement affecté leur capacité à fournir à tous les services publics locaux adaptés aux besoins. Les lieux de rencontre se raréfient et trop nombreux restent inaccessibles à nos concitoyens en situation de handicap. Etouffées financièrement, les collectivités ne peuvent plus prendre en charge le fonctionnement, la maintenance et les mises aux normes. Je m’engage à lancer un plan de développement des services publics locaux.
Depuis les grandes lois de décentralisation de 1982, le rôle et l’expertise des collectivités territoriales se sont accrus, au point d’en faire des acteurs incontournables de la vie démocratique, sociale et économique. Elles doivent donc être pleinement intégrées à l’entreprise de redressement du pays.
Après plusieurs décennies de désindustrialisation, de dépérissement des emplois et de déclin démographique, la priorité doit aller aux territoires abandonnés ! Les plans pour le Made in France seront décidés et mis en œuvre conjointement avec eux.
Les grands enjeux de planification industrielle, d’adaptation au changement climatique et d’aménagement du territoire feront l’objet de conférences annuelles qui associeront étroitement les collectivités territoriales.
La France, une République archipélagique
La France est une République archipélagique fortifiée par la diversité de ses territoires ultramarins, dont la gestion doit être conduite au plus près de leurs réalités et de leurs cultures, afin d’y réduire les inégalités par le développement des services publiques et de l’économie locale ; et par la formation et le soutien au retour des jeunes diplômés.
Garantir un accès universel aux besoin et droits fondamentaux, au premier rang desquels l’accès à l’eau potable, aux soins, à la sécurité, au logement, est la première priorité pour les territoires ultramarins.
Nous devons combattre la vie chère en encadrant les rentes, en réformant les coûts de fret et l’octroi de mer, mais aussi en activant tous les leviers pour soutenir les entreprises et notamment celles œuvrant dans les activités liées à la mer et au littoral, dans le respect des principes de gestion durable de « l’économie bleue ». Les territoires ultramarins doivent être un fer de lance du combat écologique, de l’autonomie énergétique et de la préservation de la biodiversité.


Sauver l’Éducation nationale
Pour nous républicains, il n’y a pas de démocratie sans éducation car le savoir, c’est le pouvoir. Or notre école va mal. La France doit se mobiliser pour faire remonter le niveau.
Rappelons qu’on ne peut pas tout demander à l’école et aux profs. Car si, dans l’idéal, l’école est un sanctuaire, elle est forcément perméable aux maux de la société et au chaos du monde.
Les inégalités qui précarisent les familles, les quartiers gangrénés par le narcotrafic, l’invasion des écrans qui sapent la concentration, les algorithmes des réseaux sociaux qui favorisent les pensées manichéennes ou les thèses irrationnelles, qui exaltent les influenceurs plutôt que les poètes ou les chercheurs : quand la société est malade, l’école a du mal à faire face. Le dévouement des enseignants, et plus généralement des personnels de l’éducation nationale, trop mal payés et pas assez considérés, n’en est que plus remarquable.
Pour prendre à bras le corps la baisse générale du niveau, ségrégation sociale sans précédent au profit du privé), il faut une bonne dose d’humilité, beaucoup de volontarisme, et évidemment des moyens supplémentaires. La baisse démographique (moins 1,7 million d’élèves d’ici 2035), qui n’est pas une bonne chose en soi, permettra au moins d’avoir moins de classes surchargées.
Pour le reste, il faut s’en tenir à quelques objectifs simples.
• Le primat des savoirs fondamentaux : la priorité reste la maîtrise de la langue française, de l’écriture, de la syntaxe et du lexique, du calcul et du raisonnement logique. Le « par cœur », la dictée, le calcul mental, sont des moyens pédagogiques qui ont fait leurs preuves.
• L’attractivité du métier : c’est la base. Les rémunérations des enseignants français sont aujourd’hui parmi les plus basses d’Europe. Sans augmentation substantielle des salaires des profs, sans renforcement de la formation initiale et continue, il n’y aura pas de redressement du service public de l’éducation.
• L’attention particulière au climat scolaire : pas de bonne scolarité sans climat apaisé et serein. La lutte contre le chahut, les violences, les harcèlements, constitue une priorité éducative.
• Le soutien aux élèves les plus vulnérables : le problème des classes surchargées est évidemment central, mais l’indispensable inclusion va au-delà. L’accompagnement doit être renforcé pour ceux qui en ont le plus besoin, afin de ne pas accumuler les difficultés. Et cela implique aussi un effort considérable à destination des élèves en situation de handicap. Amélioration du statut et de la rémunération des AESH, formations plus solides des équipes éducatives, fluidité des relations avec les professionnels du secteur médico-social, réduction du nombre d’élèves accrue lorsque la classe compte un élève bénéficiant d’une notification MDPH : rien ne doit être laissé de côté.
Nous devons rétablir des conditions normales du rapport de force entre public et privé : ces dernières décennies ont démontré une aggravation des déséquilibres au détriment de l’école publique. Dans un premier temps, les dotations des écoles privées seront pondérées en fonction de leur engagement dans les politiques de mixité sociale. À plus long terme, les financements publics seront réservés à l’école publique.
En parallèle, nous redéfinirons une véritable ambition pour l’éducation prioritaire : l’école républicaine est la condition de l’égalité républicaine. La géographie de l’éducation prioritaire doit être rendue cohérente avec celle de la politique de la ville, sans nivellement du zonage. Les moyens dégagés pour ses territoires (enseignants supplémentaires, dédoublement des classes, stratégie d’options, soutien scolaire internalisé…) seront financés sur la base de la reconquête engagée sur l’école privée.
Sauver l’université et la recherche
Les universités françaises ont été malmenées par une technocratie brutale et abandonnées sur le plan budgétaire. Après des années de décroissance et de défiance, la recherche publique et l’enseignement supérieur ont besoin de retrouver une dynamique positive sur le long terme. Celle-ci passe par une trajectoire budgétaire en croissance et des efforts sur les salaires. Je propose de porter à 1 % du PIB l’effort de recherche publique, de réformer le crédit impôt recherche de façon à ce qu’il soit plus conditionné à la recherche industrielle, et d’augmenter de 30 % la dépense par étudiant à l’université. Mais il s’agit également de rétablir un principe de confiance vis à vis des chercheurs et des universitaires, de leur redonner les moyens effectifs de travailler tant du point de vue des conditions matérielles que des libertés académiques et de leur organisation collective.


Soutenir la culture, défendre l’exception culturelle
Partout, la culture est menacée. Les grands intérêts économiques veulent en faire une marchandise comme les autres et supprimer l’exception culturelle.
Que l’on ne s’y trompe pas : même la Commission européenne, pourtant censée veiller au respect des traités qui protègent l’exception culturelle, teste régulièrement notre résistance en s’attaquant à ses règles, sur les bons conseils d’Hollywood et de la Big Tech.
Je défendrai l’exception culturelle française et son modèle de financement du cinéma et de la création audiovisuelle. En particulier, il faudra s’assurer que les quotas de diffusion des œuvres françaises et européennes sont respectés ; et corriger les failles de la législation, afin de ne plus permettre aux productions américaines de se déguiser en œuvres européennes.
Je défendrai la place et les moyens du Centre National de la Cinématographie et de l’Image Animée (CNC), de façon à garder et développer ce qu’on appelle « les films du milieu » (qui ne sont pas des super-productions de plusieurs dizaines de millions d’euros), où la création française excelle, et qui sont indispensables au développement de notre industrie cinématographique. Cela passera par des canaux de financements nouveaux, notamment via la contribution des plateformes comme Youtube, qui bénéficient d’abattements fiscaux injustifiés.
Défendre l’exception culturelle, c’est aussi défendre notre audiovisuel public. Il y a bien des choses à améliorer, notamment la place des programmes à fort contenu culturel comme les documentaires, et un moindre recours à des producteurs d’émissions privés.
Face aux attaques incessantes de l’extrême-droite et de l’empire Bolloré, je propose d’inscrire l’audiovisuel public dans la Constitution. Ainsi s’éloignera le spectre de la privatisation-liquidation ; et les exigences de neutralité et d’équité, ainsi que la pérennité des dotations, seront consolidées.
Défendre l’exception culturelle, c’est enfin défendre le régime des intermittents du spectacle ! Sans lui, les intermittents passeraient de la précarité à la misère. Sans lui, le spectacle vivant s’effondrerait. Il est hors de question d’y renoncer.
Je souhaite remettre la lecture et le livre au cœur de la politique culturelle et éducative de la France. Le prix unique du livre doit être sanctuarisé, mais cela ne suffira pas. La société de la connaissance et du savoir, c’est tout un écosystème, qui est fragilisé. Bibliothèques et médiathèques municipales, soutien à l’édition et aux librairies… Aucun aspect de la politique du livre ne devra être négligé.
J’appelle de mes vœux une juste contribution des entreprises d’intelligence artificielle à la création culturelle. Les œuvres de l’esprit sont en effet la matière première de l’IA générative, qui les « moissonne » pour s’entraîner. Or ces IA ne paient aucun droit sur ces œuvres. Imagine-t-on un restaurateur voler les aliments qui composent son menu ? L’IA générative doit elle aussi payer les aliments, livres, films, chansons, qui composent le sien !
Pour un Réseau Descartes : 40 universités pour faire rayonner le français
Le message de la France est un message universaliste d’accès de toutes et tous aux cultures et aux savoirs. Or d’ici 2050, 700 millions d’humains seront locuteurs francophones. Faisons du français une langue majeure de production scientifique, culturelle et universitaire !
Je propose de renforcer le réseau des centres culturels français à l’étranger, formidable outil de rayonnement de notre langue mais délaissé par les Gouvernements successifs. Et je propose d’aller plus loin, en lançant un plan de développement universitaire pour le monde francophone et francophile : le Réseau Descartes, qui déploiera 40 universités dans les pays-hôtes, avec pour objectif de former 200.000 étudiants par an à l’horizon 2045.
Chaque université sera pensée comme un pôle de développement national et régional qui valorisera les atouts économiques locaux, et pas comme une antenne délocalisée de prestige parisien. Elle sera co-financée et co-gérée par la France et par le pays d’implantation ; et ses personnels enseignants seront mixtes.
Nous avons pris du retard sur le monde anglo-saxon, qui dicte sa vision et sa langue par son réseau universitaire. La Chine, avec son réseau Confucius, en fait de même. Compte tenu de la place majeure qu’occupera la langue française au 21ème siècle, la France peut et doit le faire.


07. Refonder notre Etat républicain
La République ne reconnaît ni communautés, ni tribus, ni clientèles. Comme le dit la Déclaration de 1789, les distinctions sociales sont fondées sur l’utilité commune, c’est-à-dire de l’intérêt général.
Mais pour que ses citoyens soient libres, égaux et émancipés, encore faut-il que la République les protège contre l’invasion de la marchandise et les grands risques de l’existence, mais aussi leur donne les armes du savoir et de la raison pour comprendre le monde et le changer.
Combattre pour la laïcité
En défenseur conséquent de l’État républicain, je suis donc aussi un défenseur intransigeant de la laïcité. Principe fondamental pour garantir la liberté de conscience, la laïcité n’opère aucune distinction entre les citoyens selon le culte qu’ils pratiquent (ou ne pratiquent pas : 63% des Français se déclarent « sans religion »), mais la loi de 1905 n’en contient pas moins des mesures visant à préserver l’espace public des troubles qu’une intrusion disproportionnée du religieux pourrait occasionner.
Dans la République, la foi ne doit pas primer sur la loi. Vieux pays très longtemps lié organiquement à l’Église catholique, la France en sait quelque chose. En républicain, j’estime en particulier que la neutralité des services publics (je pense notamment à l’école, ou à l’hôpital) doit être préservée. La séparation des Églises et de l’État signifie que les pouvoirs religieux n’ont pas à imposer leur point de vue dans la conduite des affaires publiques, et encore moins à contrôler la société. La neutralité du service doit être absolument préservée : je ne ferai jamais « d’accommodements raisonnables » avec les activistes religieux.


Affirmer l’autorité de l’État
Les citoyens sont en demande d’État. Ils veulent que l’État les aide, les protège et les soutienne dans leur lutte quotidienne pour une vie digne.
J’invite la gauche à répondre aux interpellations de nos concitoyens sur les questions régaliennes, qui sont éminemment légitimes et qu’on ne peut pas balayer d’un revers de main.
Ainsi, s’il est insupportable de dire « la Police tue », il n’en est pas moins vrai que les bornes de l’exercice de la violence légitime ont été dépassées à plusieurs reprises ces dernières années. La doctrine doit être revue sur ce point. Plus généralement, aucun propos, aucune atteinte ni comportement discriminatoire ou vexatoire ne doit plus être toléré.
La gauche, qui avait su mettre en œuvre une police de proximité qui commençait à porter ses fruits, doit promouvoir une police républicaine au service de tous. La tranquillité et l’assurance de trouver une aide secourable en cas d’atteinte à sa personne, sont des vertus que la gauche, dans ses efforts de progrès social, doit développer au quotidien.
Lutter contre la criminalité organisée
La gangrène du narcotrafic et de la criminalité organisée se propage. Elle se rapproche dangereusement des niveaux qu’on observe dans d’autres pays, par exemple aux Pays-Bas. La loi de 2025 a rassemblé une large majorité de parlementaires et c’est une bonne chose. Mais les effectifs de police judiciaire et leur organisation doivent être impérativement renforcés, de même que les mesures de protection des mineurs (des équipes d’éducateurs de rue jusqu’aux centres éducatifs fermés) et de responsabilisation des parents.


Pour la loi intégrale contre les délits et crimes sexuels
Des phénomènes autrefois « invisibilisés », comme les délits et les crimes à caractère sexuel, contre les femmes et contre les enfants, apparaissent à présent au grand jour, comme en témoigne la très forte augmentation des plaintes et des signalements. La « loi intégrale » actuellement en préparation, devra aboutir à un soutien accru des victimes, des associations et des policiers affectés à ces missions.
Tolérance Zéro à la Violence
La banalisation de la violence, attestée par la croissance des homicides, des tentatives d’homicides et des atteintes physiques aux personnes, que l’on espérait voir devenir résiduelle jusque dans les années 1990-2000, repart à la hausse. Notre police doit être organisée, soutenue et déployée en conséquence, pour que l’objectif « Tolérance Zéro à la Violence » devienne réalité. Cela passe autant par la prévention que par la répression, en commençant par une lutte implacable contre le port d’armes blanches chez les jeunes, et plus généralement par des sanctions sévères – et rapides ! – contre toutes les violences.


Sauver la Justice française
Mais on ne règlera pas le problème de l’insécurité simplement par des voies policières. Pour des raisons à la fois historiques et bassement budgétaires, la Justice française est un parent pauvre du pouvoir régalien. Son budget de 12 milliards d’euros (sur 490 milliards de crédits ministériels) en est une preuve, son nombre ridiculement bas de magistrats du parquet aussi, tout comme l’état insalubre et désastreux de ses prisons, sans compter le niveau famélique de ses moyens dédiés à la prévention de la délinquance des mineurs.
La gauche doit sauver la Justice. C’est une question de moyens, mais aussi de politique pénale. Il n’est pas vrai que la Justice soit « laxiste », mais il est vrai que les critiques sur la rapidité et la sévérité des sanctions pénales, dont le but est d’empêcher la récidive (trop importante en France), méritent d’être entendues.
Enfin, nous devons accorder plus de moyens à la justice civile (litiges entre particuliers, en matière de contrats, droits familiaux, etc.) qui est essentielle pour redonner au peuple le sentiment d’un Etat protecteur, équitable, légitime et garant de la cohésion sociale. Concrétiser l’égalité devant la loi, agir en faveur de la prévention, garantir les libertés, sont des objectifs clés.
Pas d’égalité républicaine sans état républicain
La promesse républicaine ne peut être tenue sans une lutte acharnée contre les discriminations et pour l’intégration.
La France a besoin de donner une nouvelle impulsion aux politiques publiques de lutte contre les discriminations, le racisme et l’antisémitisme. Il est intolérable que la République se résigne à ce qu’une si grande part de ses citoyens subissent des discriminations à l’embauche, au logement, aux loisirs du fait de leur origine supposée.
Concernant la question migratoire et l’intégration des étrangers, il faudra réduire les délais d’instruction des demandes d’asile et des titres de séjour(ce qui suppose un renforcement des effectifs déconcentrés de l’État) et financer massivement les dispositifs d’apprentissage du français pour tout arrivant, car ils ne peuvent être portés à bout de bras par les seules associations. Il faudra aussi identifier les étrangers sous OQTF pour raisons graves (délits d’atteinte aux personnes – par exemple agressions sexuelles, crimes, tentatives de déstabilisation de l’Etat) afin de concentrer les moyens sur leur éloignement du territoire.
Je propose de créer un service public de l’intégration qui aura pour missions de renforcer la transmission des principes républicains, notamment via un soutien accru aux mouvements d’éducation populaire, d’améliorer l’accès à la nationalité française qui doit marcher sur ses deux jambes : adhérer aux principes de la République française et savoir parler français. Enfin, l’intégration reposant pour une large part sur le travail, il est logique que la France régularise les travailleurs sans-papiers.
À l’heure où certains veulent remettre en cause le droit du sol, nous réaffirmons qu’il constitue un pilier du pacte civique, un facteur d’unité nationale et l’expression d’un projet politique fondé sur l’égalité des droits et des devoirs. La France doit certes pouvoir maîtriser démocratiquement sa politique migratoire, en fonction de ses capacités d’intégration et de la cohésion sociale, sans pour autant céder à des dérives identitaires qui fracturent la Nation.


08. L’Union Européenne : un rapport de force nécessaire
En tant que socialistes, nous avons longtemps fait le pari que l’Europe soit pour la France une sorte de continuation de la promesse républicaine.
Mais force est de constater que l’Union européenne s’est surtout affirmée comme un espace de libre-circulation des marchandises et du capital, a fortiori après la trahison des référendums français et néerlandais de 2005.
Résultat ? Une Europe qui décroche économiquement, technologiquement et (géo)politiquement.

Le problème de l’Union européenne, c’est qu’elle ne sait pas comment sortir de sa matrice néolibérale. Pas plus qu’elle ne sait, ni ne veut restaurer le rôle de la puissance publique tel qu’on l’entend historiquement. Cela devrait nous vacciner contre toute tentation d’un « saut fédéral » et contre toute extension du vote à la majorité qualifiée sur les questions diplomatiques et militaires.
La force d’inertie idéologique des dirigeants européens, et surtout des traités qu’ils appliquent, ramènent l’UE à ses fondamentaux : l’austérité, le libre-échange et la concurrence libre et non faussée. Je propose d’inverser cette logique en
renonçant aux directives visant à libéraliser les services publics ;
permettant aux États qui le souhaitent de revenir à une gestion fondée sur des monopoles nationaux et des prix régulés ;
remettant en cause le principe de libre-circulation du capital à l’extérieur de l’UE.
L’Europe se condamnerait en poursuivant ses politiques d’austérité. L’Europe est évidemment l’espace pertinent, mais à condition de mener des politiques pertinentes !
Nous avons besoin d’une relance budgétaire et d’une politique monétaire analogue à celle qui avait amorti la crise durant les années 2010. Pour donner à nos industries toutes leurs chances, les nouveaux investissements stratégiques financés par des emprunts d’États devraient bénéficier des mêmes « facilités quantitatives ».
Les investissements dans le secteur de la défense ont été sortis du calcul du déficit public. Pourquoi ne pas faire de même pour les investissements écologiques, technologiques et numériques ?
L’Europe a besoin d’investir. La France a besoin d’investir. Or nous sommes en difficulté financière, alors que nous avons fortement contribué aux politiques européennes, sans toujours pleinement en profiter. Nous avons ainsi reçu 45 milliards du plan de relance post-Covid, beaucoup moins que l’Italie, l’Espagne ou la Pologne.
Dans ces conditions, une renégociation de notre cotisation annuelle à l’UE me paraît nécessaire. L’Allemagne, l’Autriche, la Suède, le Danemark et les Pays-Bas ont obtenu des rabais, ces dernières années. Je souhaite que la France obtienne elle aussi un rabais sur sa contribution. Pour mémoire, notre contribution annuelle est passée de 23 milliards en 2025 à 28 milliards cette année.
Enfin, la tentative de contournement des législations nationales par le projet de « 28ème régime », une proposition de la Commission visant à permettre aux entreprises d’échapper aux lois fiscales et sociales des États, pose à la fois la question de la dérégulation et celle de la souveraineté nationale. Nous pourrions avoir des entreprises établies en France mais échappant à ses lois par la grâce du 28ème régime : autrement dit le principe de territorialité serait rompu et les représentants du peuple, qui votent la loi, court-circuités. C’est inadmissible.

09. Pour une France libre et indépendante
Dans un monde fracturé par le retour des empires et la brutalité des rapports de force, la France ne peut se résoudre à voir les trains passer. L’indépendance n’est pas l’isolement, c’est la liberté d’agir selon nos principes républicains et nos intérêts vitaux.

Pour l’indépendance militaire française
Nous sommes bien obligés de regarder la réalité en face : « l’OTAN est en état de mort cérébrale » et Trump brûle d’en débrancher le respirateur. Mais nous ne pensons pas pour autant que « l’Europe de la défense », c’est-à-dire une OTAN sans les États-Unis, soit un projet crédible.
Je ne conteste pas l’utilité de dispositifs européens de type « commandes groupées », par exemple pour produire plus vite plus des obus ou des drones. Je soutiens sans réserve les politiques convenues au niveau européen pour faire échec à la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine, et cela notamment sur le plan de l’aide militaire
Mais j’exprime les plus fortes réserves à tout projet d’intégration des questions militaires et de défense au niveau européen. Ainsi, le concept de « dissuasion nucléaire avancée » porté par le président de la République doit être sérieusement questionné.
Pour assurer l’indépendance militaire de la France et garantir un budget de la défense à 3% du PIB, je propose une enveloppe de 100 milliards d’euros qui dotera nos forces armées des munitions nécessaires aux conflits de haute intensité, accroîtra nos capacités maritimes, terrestres et aéronavales, et garantira la crédibilité de notre dissuasion nucléaire. La loi de programmation militaire devra être améliorée afin d’offrir plus de prévisibilité aux industriels, en sécurisant la commande publique à long terme.
Il faudra tirer les leçons des conflits en cours, particulièrement en Ukraine, en ne sous-traitant plus notre sécurité à d’autres, en renforçant la loi de programmation militaire, en sécurisant notre base industrielle et en accroissant les synergies entre la recherche et l’innovation militaire et civile. Il sera nécessaire, enfin, que la France conserve son rang de première puissance militaire européenne.
Une diplomatie pour la prospérité, le droit et la paix
Je soutiens pleinement la position française sur la guerre d’Iran : cette guerre n’est pas la nôtre ! Je condamne la tentative des Etats-Unis et d’Israël de détruire l’Iran, car cette aventure est non seulement en train d’échouer, mais elle radicalise le régime effroyable des mollahs et le persuade qu’en fin de compte, la seule assurance de sécurité est de posséder l’arme nucléaire. La prise de contrôle du détroit de Bab-El-Mandeb par les Houthis aggrave la situation au Moyen-Orient, menacé de sombrer dans le chaos.
J’exprime mes craintes les plus vives sur le devenir du Liban, pris en tenaille entre le Hezbollah et Netanyahu. La France devrait apporter davantage de soutien à son allié historique – et tirer toutes les conséquences de l’hostilité du gouvernement actuel d’Israël, comme de sa guerre criminelle en Palestine.
Après avoir reconnu l’Etat de Palestine, la France doit agir plus résolument contre le dépeçage colonial de la Cisjordanie, qui s’ajoute à la destruction de Gaza et aux massacres contre les civils. La Gauche doit mettre à l’ordre du jour la question de la suspension de l’accord commercial Israël-UE.
A mes yeux, l’indépendance et le non-alignement sont des synonymes. L’intérêt de la France, c’est de rechercher des alliances sur des projets concrets contre le dérèglement climatique, les grands chantiers technologiques, hors des logiques de « camps » et de « blocs », et visant à bâtir des coopérations industrielles, scientifiques et environnementales à même de produire des résultats tangibles pour les peuples.
Enfin, la France a vocation à se faire le trait d’union entre l’Occident et les pays du « Sud Global ». Dans ce monde fracturé par les nouveaux impérialismes, la voix de la France doit être celle du dialogue avec les pays émergents qui revendiquent leur pleine souveraineté. Nous sommes d’autant plus désignés pour y concourir, que notre présence sur tous les continents et océans nous confère une profondeur stratégique unique.
Au cœur de cette nouvelle diplomatie, j’appelle de mes vœux une initiative méditerranéenne ambitieuse. La Méditerranée ne doit plus être une barrière ou un cimetière, mais le laboratoire d’une prospérité partagée, un espace de co-développement énergétique, écologique et culturel unissant les deux rives dans un destin commun. Création d’un grand réseau de transferts technologiques sur les énergies renouvelables (solaire, hydrogène vert…), mise en place de programmes de recherche communs sur la désalinisation et la préservation de la biodiversité marine, construction d’un espace de savoir commun : la France doit proposer au Maghreb et au Levant un partenariat d’égaux.
